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Les expositions qui ont eu lieu à la galerie Les Granges sont présentées ici par ordre chronologique. Certaines ont été prévues de longue date tandis que d'autres furent décidées quelques jours avant, impromptues et parfois improvisées sur place, déclenchées par une rencontre (Hat Sow), une envie brusque de voir à quoi ça pourrait bien ressembler () ou par un événement qui impose de faire quelque chose, comme ces quelques journées de campagne givrée à Noël 2005.
C'est ainsi que la programmation de la Galerie les Granges se fait, au gré de chacun, dans un esprit d'invention, de liberté et de recherche. C'est un labo où l'on expérimente une idée, un oratoire où l'on se jette dans une prière urgente, c'est un labooratoire.

2008


Hat Sow

Reliquaire
Photographies numériques / Images pieuses
Sculptures / Reliquaires
Je perds mes cheveux et on m'a arraché plusieurs dents. Elles étaient gâtées, nous déclara Hat Sow de retour d'une série de pèlerinages dans les temples contemporains que sont les grandes enseignes de la super-consommation.
Les expositions passées de Hat Sow nous ont démontré qu'il était non pas le pourfendeur de la société dite trop simplement de consommation mais qu'il n'était rien d'autre que son hagiographe.
Pourtant, tel son empire, Hat Sow part en morceaux.
S'identifant à son sujet dont il n'a eu cesse de clamer la quasi-divinité jusqu'à y croire lui-même (et sans doute aussi pour affronter l'incommensurable culpabilité d'être l'assassin de son propre Dieu, en partie par la maladresse de ses propos, mais aussi par la maigreur de ses achats), Hat Sow rêve aujourd'hui le projet de devenir saint et prophète du Dieu de ces nouvelles églises que sont les épiceries géantes qui remplissent nos campagnes et nos villes de leurs riantes architectures aux couleurs si vives.
Encore novice dans sa religion, Hat Sow n'en était qu'aux courses de caddys et à l'émerveillement béat devant les têtes de gondoles lorsque sa consommation est devenue consomption. Le système sanguin abreuvé d'étranges graisses et de sucres tapis dans l'ombre rafraîchissante des sodas, le corps même d'Hat Sow, comme dans une transsubstantiation inversée, se désincarne en ramollissement, en dégradation moléculaire et macroscopique, dans un processus d'effritement qui, pour paraître lent, n'en est pas moins précipité.
Au fond, en matière de body-art et dans une certaine lignée d'une artiste comme Orlan, Hat Sow ressent cet effondrement comme une chirurgie par la mangeaille qui, loin de lui paraître inesthétique, se présente à lui comme divine.
"Car il n'est pas possible que, tout en gardant le sourire, autant d'êtres soient frappés des mêmes fléaux en une si brève période historique sans une explication au-delà de l'humain, c'est-à-dire divine. Mais c'est un Dieu cruel et, en plus, il m'en veut." Ainsi s'exprime Hat Sow.
C'est ainsi qu'il offre à son public la contemplation d'un ensemble de reliques personnelles des morceaux de lui-même qui s'effondre, essentiellement constitué pour l'instant de dents et de cheveux, premiers morceaux tombés prématurément. Ces pièces uniques sont présentées dans de petits reliquaires scellés avant d'avoir été transformées en images pieuses fabriquées, comme toujours chez Hat Sow, à l'aide d'un scanner bon marché, appelé "entrée de gamme" et auquel Hat Sow associe l'humilité du premier calice.




Hommage au sucre
Carie sur dent, 1,7cm x 0,8cm


2006

Bertrand Joliet

improvisations à la frange d'une explosion
peintures - dessins



César Gauther

Attentats
Exhibition - photographies - installation



Bertrand Joliet

Natura Sadica
peintures

"Je vais donc probablement continuer à peindre, mais ce soir et demain, je vais peindre ces sortes d'ectoplasmes. Au fond, à bien regarder les productions de la nature, je ne peux pas m'empêcher de voir une forme, toujours la même, pleine de désir et de vie, et toujours mastiquée, triturée, du triton au gorille, du phoque à l'humain, de la lamproie à l'orang-outang, de l'ascaris au dugong... Quand je vois l'hippopotame du zoo de Vincennes, se tenant près de son bassin, qui baille, j'ai l'impression qu'il y a derrière cette forme, une autre forme qui m'appelle au secours, une forme lointaine, jamais vue et pourtant si bien connue de nous tous, oui, pleine de désir et de vie, mais torturée, mâchouillée, déformée dans tous les sens comme dans une infinité de miroirs déformants et ridiculisants. Il y a même les monstres, siréniens, janus, anencépales et tératodymes, les petits bébés qui naissent sans bras, sans jambes, avec deux têtes, certains même avec un seul oeil au milieu du front, au-dessus d'à peine un brouillon de nez, de bouche. Si l'on prêtait à la nature un peu de sentiment, un peu de volonté, elle ne serait que méchante, cruelle, sadique. Sadica natura."
5-10 février 2006



2005



collectif

jours de givre
photographies, numérique peintures, dessins



Hat Sow

photographies de téléphone
conversations d'appareil photo
photographies numériques,
tirages sur imprimante
lectures



Bertrand Joliet

le poulpe télépathe
peinture-dessin



Ana Joliet

graphisme



2004



Arie Wheeler

images d'ordinateur



Hat Sow

à Paris
photographies numériques



Bertrand Joliet

esquisses géantes
peintures, dessins



César Gauthé

Bouteilles à la mer campagne
installation – exhibition
photographies - gommes bichromatées
Jouets fabriqués dans des prisons, souliers cousus par des enfants, milliards de bouteilles d’eau en plastique…Que somme-nous devenus dans la profusion d’objets, d’images, de pensées qui nous submerge ? César Gauther pose cette question, comme un message glissé dans une bouteille à la mer, par des naufragés errants sur l’océan. Les bouteilles en plastiques de César Gauther sont à la fois le radeau et l’océan, la surface et les abysses, le naufragé et le naufrageur, la maladie et le médicament, le pharmakon. L’installation et les photographies présentées à la galerie Les Granges du 4 au 29 juin 2003 sont le résultat d’une recherche empirique, au cœur de la mécanique, faite par César Gauther, issue de sa vie-même. César Gauther, comme nous, ne peut et ne veut donner aucune réponse satisfaisante ou rassurante à ce qui nous arrive. Mais dans la démonstration que l’unique résiste à l’immersion dans l’hyper-multiple , profus et clonal, son installation propose une attitude héraclitéenne, faite à la fois de détachement pessimiste et d’accord intime dans la contradiction, nous signifiant l’idée d‘un retour aux sources de la pensée qui, sans doute dévoyée, nous a mené jusque là.
« Bouteilles à la mer campagne » est la première exposition de son œuvre.



Bertrand Joliet

art de poche
peintures - sculptures

Sculptures miniatures, peintures sur de petits objets, encadrées par des verres de montre, une exposition qui tient dans une grosse boîte d'alumettes, autant de talismans, fétiches et amulettes.

3-11 février 2004



2003



Bertrand Joliet


peintures
Handyman



Robert Priser

peintures
Robert Priser



2002



Bertrand Joliet

Miniatures
peintures
miniatures



Bertrand Joliet

ocre et fusain
peintures
Ocre et fusain
Ocre, ocre rouge, fusain, petites branches de laurier brûlées, terre et charbon. Ces matériaux, parmi les premiers à avoir été fixés sur des parois, pour que reste une image, pour qu’elle reste à voir, aujourd’hui, c’est comme s’ils nous voilaient le réel, et le réel en peinture. L’ocre et le noir, avec le blanc de la craie, et le bleu du lapis, le rouge du cinabre, le vert de la malachite et le jaune orpiment - de l’arsenic -, toutes ces couleurs que seules les nécessités des temps passés ont accolés les unes aux autres jusqu'à ce que par la force de l’habitude, elles deviennent des harmonies, de bon goût. Des poissons dans une assiette gardent les yeux ouverts, comme s’ils attendaient vivants quelque chose. Il suffit qu’un oeil soit ouvert pour qu’il ait une expression. Il suffit que l’ocre soit avec le noir pour que le portrait vive. Ces peintures, esquisses pour certaines, et toutes inachevées, ne sont faites qu’avec ces matériaux : fusain, ocres, lapis-lazuli, rouge de cinabre, vert malachite, jaune orpiment, huile de lin, et du plomb. Un hommage et une dénonciation, entre lesquels on peint, tout autant qu’entre la cécité et l’éblouissement. A l’idée que ces permanences nous brouillent même la vue, j’ai peint ces toiles, sans cadre et sans châssis, pour affirmer ma préférence vers l’idée que c’est entre ces parois que la joie se trouve, dans l’acte de peindre et de voir. Affirmer et interroger, stupéfait.
23 octobre - 2 novembre 2002



Bertrand Joliet

Noir de Mars, suite
peintures
Les peintures présentées sont les suites de deux séries dont les premières toiles ont été exposées à l’Abbaye de Flaran en 1998. La première série est les Noirs de Mars, du nom du pigment noir utilisé : ce sont des nus, blanc sur noir, où se tente quelque chose de l’ordre d’un perpétuel surgissement de l’être à lui-même, cet étonnement devant le «moi» comme un autre, ou devant l’autre comme un «moi». Tandis que les Noirs de Mars exposés à Flaran étaient en noir sur blanc, comme une disparition progressive de la lumière dans l’obscurité, les peintures présentées aux Granges sont le versant dionysiaque de la naissance au monde, de l’élucidation, de la lumière qui l’emporte sur les ténèbres. Le principe des deux versants est encore présent dans les deux grands paysages gascons accrochés l’un en face de l’autre, représentant les deux crêtes opposées d’un même vallon, les deux bouts d’une seule route.


du 1er au 30 août 2002